Symptômes

Les symptômes décrits sont reconnus comme réels, par l'OMS notamment, sans toutefois qu'un lien de causalité avec l'exposition aux champs et ondes électromagnétiques ne soit établi3. Pour cela l'OMS recommande l'utilisation du terme d'intolérance environnementale idiopathique attribuée aux champs électriques IEI-CEM, celui-ci étant d'étiologie neutre4,5. Les effets thermiques des champs électromagnétiques sur le corps, et les seuils au-delà desquels ils sont censés se manifester, sont connus (ces limites sont ainsi prises en compte dans la définition des normes d'exposition du public). Mais les personnes qui déclarent souffrir d'hypersensibilité électromagnétique affirment réagir à des intensités bien inférieures aux limites. Les symptômes rapportés sont divers, ce qui signifie qu'ils peuvent s'apparenter à d'autres troubles ou maladies.

Selon l’OMS, l’hypersensibilité électromagnétique « est caractérisée par divers symptômes que les individus touchés attribuent à l'exposition aux champs électro-magnétiques. Parmi les symptômes les plus fréquemment présentés, on peut mentionner des symptômes dermatologiques (rougeurs, picotements et sensations de brûlure), des symptômes neurasthéniques et végétatifs (fatigue, lassitude, difficultés de concentration, étourdissements, nausées, palpitations cardiaques et troubles digestifs). Cet ensemble de symptômes ne fait partie d'aucun syndrome reconnu2. »

Le symptôme le plus fréquemment cité est la fatigue, suivie de problèmes dermatologiques au visage, de sensations de lourdeur dans la tête, d'irritation des yeux, de nez bouché ou encombré, de maux de tête, de difficultés de concentration6. D'autres auteurs décrivent en ordre décroissant des troubles du sommeil, des maux de tête, de la nervosité/angoisse, de la fatigue, des difficultés de concentration, des acouphènes, des vertiges, des douleurs dans les membres…

Ces auteurs n'observent pas de différences entre les symptômes cités par les hommes et les femmes. Selon Schüz et al. (2006), le symptôme cité le plus fréquemment est la fatigue, suivie de difficultés de concentration, de troubles du sommeil, de lassitude, de mauvaise humeur, d'inconscience, de maux de tête7.

Selon les experts, les symptômes de l’électrosensibilité sont peu spécifiques et non expliqués par un examen clinique (tel que la perception d'ondes par les personnes concernées), c'est-à-dire que les spécialistes ne sont pas certains que les symptômes subis par les patients soient réellement dus aux ondes électromagnétiques8.

Pour les personnes se jugeant électrosensibles, les symptômes passagers peuvent évoluer vers la chronicité et présenter des conséquences diverses9,10 :

  • souffrances physiques (impression de décharges électriques dans le corps, de fourmillements, oreilles qui chauffent, sensation cuisante dans la zone temporale, sensation de « pression dans le crâne », nausées, gorge « serrée », maux de tête…)
  • psychologiques (anxiété, état dépressif) ;
  • asthénie (fatigue), perte d'appétit, insomnie, douleurs musculaires, malaises ;
  • troubles digestifs, dérèglement hormonal, baisse de l'immunité (état grippal) ;
  • problèmes dermatologique : rougeurs, gonflement de la peau, démangeaisons, irritation oculaire, sécheresse de la partie supérieure de la trachée ;
  • dyspnées, troubles du rythme cardiaque (palpitations), problèmes vasculaires (hypertension, sensations de froid ou de bouffée de chaleur), épistaxis ;
  • dystonie musculaire (contractions involontaires), craquements articulaires, sensation de « crispation » au niveau mastoïdien ou maxillo-mandibulaire, bruxisme ;
  • sensibilité aux odeurs, troubles visuels, baisse auditive (acouphènes), hyperacousie (augmentation de la sensibilité aux bruits)11
  • maladresse, difficulté de langage et de raisonnement, troubles de l'attention et de la mémorisation à court terme, aboulie ;
  • perturbation de la vie affective, apathie, isolement social, irritabilité ;

Avec pour conséquences :

  • comportement d'évitement à la suite de la mise en cause d'une source ondulatoire, organisation de la vie du patient autour de ce problème ;
  • déménagements au profit de zones non exposées aux influences de téléphones portables et lignes de distribution de courant électrique.

La présence d'éléments métalliques en contact régulier avec le corps est perçue comme pouvant favoriser la manifestation de ces signes :

L'incompréhension de l'entourage professionnel ou familial et la non reconnaissance du monde médical peuvent parfois aggraver l'isolement du sujet affirmant une intolérance aux champs électromagnétiques. Plusieurs auteurs parlent d'un cercle vicieux où symptômes, associations de ces derniers à une (des) source(s) suspectée(s) et anxiété liée à l'évitement se succèdent, s'amplifient et s’auto-entretiennent.